Un projet de recherche global sur les prairies se déploie dans le Massif Central

Des éleveurs et scientifiques collaborent pour étudier la biodiversité et la résilience des prairies face au changement climatique.

Prairie diversifiée dans le Massif Central, avec des fleurs sauvages et des collines en arrière-plan.
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Prairie diversifiée dans le Massif Central, avec des fleurs sauvages et des collines en arrière-plan.

Un projet de recherche d'envergure, l'Observatoire des prairies, a été lancé dans le Massif Central pour étudier le fonctionnement des prairies, essentielles pour la biodiversité, l'élevage et l'adaptation climatique.

Un projet de recherche global sur le fonctionnement des prairies, un milieu naturel précieux pour la biodiversité, la production d'herbe pour l'élevage et l'adaptation au changement climatique, a été lancé. Un temps d'échange a eu lieu à Saint-Urcize entre éleveurs et partenaires.
« La prairie est le milieu naturel le plus diversifié », explique le botaniste François Prud’homme. Il souligne la présence de jusqu'à 100 espèces de plantes différentes, dont certaines rares, et leur capacité à résister aux conditions climatiques intenses, justifiant ainsi les moyens mobilisés pour cette étude.
Porté par l'INRAE de Clermont-Ferrand et les Conservatoires botaniques nationaux, ce projet analysera pendant au moins 10 ans 150 parcelles dans le Massif central, dont 15 en Aubrac. L'objectif est de comprendre leur fonctionnement, leur impact face au climat, leur résilience et d'identifier les meilleures pratiques pour les agriculteurs.
Le projet s'appuie sur des partenaires locaux. Dans l'Aubrac, le Parc naturel régional a réuni des éleveurs pour lier la recherche scientifique aux savoirs pratiques. « Nous tenons aussi à faire émerger des regards croisés, de la transversalité, de l’émulation territoriale entre les données scientifiques et les savoirs paysans », précise François Prud’homme.
« Nous faisons l’hypothèse que la biodiversité des prairies [...] sont des leviers pour une production durable d’herbe », explique Julien Pottier, chercheur à l'INRAE. De nombreux suivis sont prévus : botanique, insectes, sol, pratiques des éleveurs, images satellites et données météo.
« Peu d’études croisent les savoirs agricoles et écologiques, et c’est une ambition forte de ce programme », insiste François Prud’homme. Des questions spécifiques des éleveurs seront étudiées, notamment sur les prairies à narcisses et la qualité des fumiers en Aubrac.
Un éleveur témoigne : « Ici, on n’a jamais labouré cette parcelle [...] nos vaches pâturent depuis le 28 avril, elles ont toujours de quoi manger aujourd’hui ». D'autres, comme Robert Dardé et Thierry Champagne, expriment leurs inquiétudes face au changement climatique et leur espoir dans ce projet pour mieux piloter leurs exploitations.
Les données récoltées seront mises à disposition des éleveurs et partenaires chaque année. Des interprétations sont attendues d'ici 3 ans, et une publication scientifique est prévue pour 2029.
L'Observatoire des prairies est financé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la DRAAF, le FNADT, l'OFB, le PEPR Sols Vivants, et porté par INRAE Clermont-Auvergne et les Conservatoires botaniques nationaux. La participation du Parc naturel régional de l’Aubrac est soutenue par le Fonds vert de l’État et l'Agence de l’Eau Adour-Garonne.
Information rédigée à partir de la source officielle : Parc naturel régional de l'Aubrac (18/09/2026)