La Journée Mondiale de Lutte contre la Poliomyélite, célébrée le 24 octobre et organisée sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), vise à rappeler l'existence et les dangers de cette maladie, souvent considérée comme éradiquée. En France et dans le monde, les campagnes de vaccination ont permis de réduire drastiquement les épidémies qui ont causé des paralysies irréversibles à des centaines de milliers d'enfants entre les années 1940 et 1960.
Cependant, la poliomyélite n'a été éradiquée que progressivement sur les différents continents. Elle reste endémique au Pakistan et en Afghanistan. De plus, des conflits et crises majeures entraînent des résurgences, comme à Gaza, en République Démocratique du Congo, en Syrie ou dans les Balkans. En 2022, le poliovirus a été détecté dans les eaux usées à Londres et aux États-Unis, soulignant la nécessité d'une vigilance constante.
L'Initiative mondiale pour l'éradication de la polio, lancée en 1988, rappelle que la vaccination est le seul moyen d'atteindre une éradication totale. Face à la résurgence des risques, l'OMS a lancé une stratégie 2022-2026, financée à hauteur de 2,54 milliards de dollars par 115 États.
L'association POLIO-FRANCE souligne l'importance cruciale de la vaccination. Ses adhérents, nés avant la mise au point des vaccins ou n'ayant pu être vaccinés en raison de politiques de santé publique inefficaces, vivent aujourd'hui avec des séquelles. En France, où le vaccin est disponible depuis 1958, la vaccination n'est devenue obligatoire qu'en 1964. Environ 50 000 personnes vivent encore avec des séquelles de poliomyélite dans le pays, dont une partie fait face au syndrome post-polio.
Ces personnes, qualifiées de « survivantes » de la polio, ont souvent construit une vie autonome malgré leur handicap, à une époque où les politiques de soutien étaient balbutiantes. La prise en charge des conséquences à long terme de la polio est devenue difficile, car la pathologie n'est plus enseignée dans les facultés de médecine ou d'école de kinésithérapie, étant jugée éradiquée en France.
Face à cette situation, les personnes vivant avec des séquelles de polio ont créé des « réseaux polio », s'appuyant sur des centres historiques comme l'hôpital de Garches, avec le soutien de médecins engagés en médecine physique et de réadaptation. L'association POLIO-FRANCE-GLIP offre un réseau d'entraide et d'information sur les aspects médicaux, paramédicaux et les droits liés au handicap.
La polio continue de faire des ravages dans le monde, avec environ 700 000 personnes touchées en Europe, 300 000 aux États-Unis et près de 20 millions dans le monde. Leurs besoins spécifiques doivent être pris en compte pour garantir une meilleure qualité de vie et le respect de leurs droits, objectif principal de POLIO-FRANCE.




