Le réseau de trains régionaux liO en Occitanie a connu une augmentation spectaculaire de sa fréquentation, bondissant de 68% entre 2019 et 2025, pour atteindre une moyenne de 94 000 voyageurs quotidiens. Cette croissance exceptionnelle est soutenue par des investissements considérables de la Région Occitanie, qui a signé une convention d'exploitation de 4 milliards d'euros avec SNCF Voyageurs pour la période 2023-2032. L'objectif est d'augmenter le nombre de trains en circulation de 24% et d'accueillir 18 nouvelles rames, tout en améliorant la qualité de service, malgré une ponctualité parfois dégradée sur certaines lignes en 2025.
Pour accompagner cette montée en puissance, la SNCF doit relever le défi des ressources humaines. Denis Salavert, directeur des ressources humaines adjoint de SNCF Voyageurs TER Occitanie, précise qu'il n'y a pas de métiers en tension au sens strict, avec plus de 500 recrutements réalisés depuis 2023. Cependant, l'enjeu réside dans le maintien de l'attractivité face à un marché du travail concurrentiel et l'anticipation des besoins futurs.
Le secteur de la maintenance du matériel roulant est particulièrement sensible, la SNCF étant en concurrence directe avec les grands employeurs industriels régionaux, notamment l'aéronautique dans le bassin toulousain, ainsi qu'avec les réseaux de transport urbain. Pour attirer les talents, la SNCF met en avant la rémunération, en s'alignant sur les salaires du marché, et une marque employeur forte, renforcée par le label "Top Employer".
Concernant la conduite des trains, la SNCF assure une formation complète à partir de zéro, d'une durée de dix mois, combinant théorie, simulateurs et mise en situation. Ce métier, qui offre autonomie et sens, séduit des profils en quête d'utilité, malgré les contraintes liées aux horaires décalés et au travail les week-ends et jours fériés. Une sélection rigoureuse permet de s'assurer de l'adéquation des candidats, avec un taux de réussite d'environ un candidat formé pour dix CV reçus.
Une vague de départs à la retraite prévue entre 2029 et 2030 motive un recrutement et une formation accrus de conducteurs dans les années à venir. Un plan de mobilisation de 2,1 millions d'euros a également été déployé en 2026 pour recruter une quinzaine de techniciens de maintenance et une vingtaine de conducteurs supplémentaires. La formation continue et la reconversion interne sont également des priorités.
Pour élargir son vivier de candidats, la SNCF multiplie les opérations de communication, notamment via des partenariats avec France Travail, les collectivités, les lycées techniques, et sa présence aux salons de l'emploi comme les TAF. L'entreprise vise également à féminiser ses effectifs, avec l'objectif que 30% des agents de conduite recrutés en 2026 soient des femmes. D'autres viviers sont ciblés, comme les personnes en reconversion et les candidats plus âgés. La dimension environnementale et sociétale du transport public est également un argument clé pour attirer la génération Z.




