Hépatite E post-greffe : 20 ans de recherche du CHU de Toulouse

Une étude inédite analyse 228 cas d'infection par le VHE chez des patients transplantés, révélant des complications et l'efficacité de la ribavirine.

Image générique d'une lentille de microscope focalisant sur une lame, avec du matériel de laboratoire flou en arrière-plan.
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Image générique d'une lentille de microscope focalisant sur une lame, avec du matériel de laboratoire flou en arrière-plan.

Le CHU de Toulouse a publié une étude majeure dans la revue Hepatology, analysant 228 cas d'infection par le virus de l'hépatite E (VHE) chez des patients greffés entre 2001 et 2024. Ces travaux, fruit de près de 20 ans de recherche, éclairent l'évolution de l'infection, ses complications et les traitements.

L'hépatite E, généralement bénigne chez les personnes immunocompétentes, peut devenir chronique chez les patients transplantés en raison des traitements immunosuppresseurs nécessaires pour éviter le rejet de greffe. Les équipes du Département de néphrologie et transplantation d’organes du CHU de Toulouse, dirigées par le Pr Nassim Kamar, et du laboratoire de virologie dirigé par le Pr Jacques Izopet, ont étudié les données de 6 452 transplantés sur une période de 23 ans. Parmi eux, 228 ont contracté le VHE, soit 3,53 %.
Les résultats révèlent que 65,1 % des personnes infectées présentaient une infection chronique trois mois après le diagnostic. L'étude a également mis en lumière des complications sévères, touchant les organes hépatiques, rénaux et neurologiques. Un point crucial est le rôle majeur de la ribavirine, un traitement qui s'est montré efficace dans 91,5 % des cas étudiés, soulignant l'importance d'un dépistage précoce chez les personnes greffées.
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"Nos travaux ont également permis de mettre en évidence des complications de l’hépatite E qui ne touchent pas uniquement le foie, mais aussi les reins et le système nerveux. Ces résultats soulignent l’importance de notre collaboration avec les virologues et les spécialistes de la transplantation, mais aussi d’un diagnostic précoce et d’un suivi adapté pour prévenir ces complications chez les personnes greffées."

Pr Nassim Kamar · néphrologue et coordinateur du département de néphrologie et transplantation d’organes du CHU de Toulouse
Ces recherches s'inscrivent dans une longue dynamique d'étude du VHE chez les transplantés par le CHU de Toulouse. Des publications antérieures dans le New England Journal of Medicine avaient déjà, dès 2008, décrit les formes chroniques de l'infection chez les immunodéprimés, puis, en 2014, démontré l'efficacité de la ribavirine, contribuant ainsi à l'évolution des pratiques thérapeutiques.
Information rédigée à partir de la source officielle : CHU de Toulouse (28/10/2026)