Une équipe internationale de recherche, coordonnée par l'INRAE et l'ENS Paris-Saclay, a découvert que le staphylocoque doré est beaucoup plus robuste et virulent dans le lait que dans le sérum ou les milieux de culture de laboratoire. Ces résultats, publiés dans Communications Biology, indiquent que la bactérie utilise les lipides du lait pour former une enveloppe environ 3 fois plus épaisse, la rendant ainsi plus résistante aux traitements antibiotiques. De plus, cette adaptation stimule la production d'un pigment doré, augmentant sa virulence.
Le staphylocoque doré, connu pour son pigment jaune doré impliqué dans sa virulence et sa protection contre le stress oxydatif, représente un défi clinique majeur en raison de sa résistance aux antibiotiques. Les scientifiques ont comparé son développement dans deux milieux pertinents pour l'infection : le lait, riche en nutriments et propice aux mammites (infections des glandes mammaires), et le sérum, environnement d'infection plus général.
Les recherches ont montré que dans le lait, les staphylocoques dorés intègrent les lipides du lait dans leur membrane, créant une enveloppe plus épaisse que celle observée dans le sérum ou en laboratoire. Cette enveloppe plus robuste et la production accrue de pigment protègent mieux la bactérie contre le stress oxydatif et les antibiotiques. Les tests ont confirmé une résistance antibiotique nettement supérieure lorsque la bactérie se développe dans le lait.
Ces découvertes soulignent un lien unique entre les lipides du lait et la sévérité des infections à staphylocoque doré. La remarquable robustesse de la bactérie dans cet environnement suggère la nécessité d'adapter les protocoles d'antibiothérapie pour traiter les mammites chez l'homme et l'animal. Des recherches sont en cours pour développer des bi-thérapies combinant antibiotiques et molécules bloquant l'intégration des lipides par la bactérie.




