Face à l'impact notable des troubles psychiques sur la population nîmoise, la municipalité a initié le Conseil Local de Santé Mentale (CLSM). Ce lancement, qui s'est tenu le mercredi 7 octobre 2026 à 13h30 au h2, Centre de congrès, marque un engagement fort de la Ville en faveur de la santé mentale.
Parallèlement, Nîmes participe aux Semaines d’information en Santé Mentale (SISM), dont le thème cette année est « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ! ». Cette initiative souligne le rôle bénéfique de la culture et des pratiques artistiques pour le bien-être, l'expression de soi et l'inclusion des personnes en souffrance psychique, un aspect validé par de nombreuses études médicales.
« La santé mentale est un état complet de bien-être qui nous permet de faire face aux sources du stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie de la communauté », rappelle Olivier Benezet, Conseiller municipal délégué à la Santé mentale et à la lutte contre les addictions. Il insiste sur l'importance des échanges entre arts et santé mentale durant cette Semaine d’Information.
La santé mentale est reconnue comme un enjeu transversal impliquant divers acteurs des domaines social, éducatif, culturel et de l'emploi. Une enquête qualitative et collaborative menée de mai à décembre 2025 par les sociologues Christian Laval et Pauline Rhenter a servi de base à la définition de la feuille de route du CLSM, recueillant les points de vue des personnes concernées, des professionnels et des élus locaux.
Bien que l'enquête se soit concentrée sur le territoire nîmois, la cartographie des ressources dépasse ses limites administratives. Nîmes, en tant que chef-lieu, concentre une part importante des ressources en santé mentale du Gard, positionnant le futur CLSM dans une perspective élargie, en cohérence avec le Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM) du département.
Le projet de CLSM répond à une forte attente de décloisonnement et de proximité avec les usagers, rompant avec les critiques des politiques « en silo ». Il s'agit de réunir tous les acteurs impliqués – citoyens, usagers, professionnels du soin et d'autres champs – pour construire un espace d'élaboration participatif et inclusif. Les personnes concernées par les troubles psychiques participent pleinement aux délibérations et décisions, leurs savoirs d'expérience étant valorisés au même titre que les savoirs professionnels.
Cet outil est validé internationalement par l'Organisation Mondiale de la Santé et nationalement par plusieurs instances, dont le Haut Conseil de la santé publique. En France, près de 280 CLSM étaient recensés en 2024. À Nîmes, le taux de prise en charge pour maladie psychiatrique en 2023 (51,6 pour 1000 habitants) était plus élevé que les moyennes nationale (40,2), régionale (44) et départementale (41).
Les professionnels de la psychiatrie signalent des services engorgés et des difficultés d'accompagnement pour des personnes dont les conditions de vie dégradées compliquent les soins. Les usagers témoignent d'errance diagnostique et de difficultés d'inclusion. La santé mentale affecte particulièrement les habitants des quartiers populaires, fragilisés par la précarité, le sentiment de relégation sociale et les traumatismes liés au narcotrafic, ainsi que par le contexte de changement climatique.
Le lancement du CLSM s'inscrit dans le cadre des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM), qui visent à informer, sensibiliser et lutter contre les préjugés. La programmation de cette année, axée sur les arts, illustre la diversité des acteurs engagés à Nîmes et la volonté de créer des passerelles entre les personnes concernées, leurs proches et les professionnels.




