Un code-barres ADN pour les abeilles sauvages de France : une révolution pour leur protection

Des scientifiques de l'INRAE ont développé des bases de données moléculaires pour suivre et protéger les milliers d'espèces d'abeilles sauvages françaises.

Image générique: avec du matériel de laboratoire flou en arrière-plan.
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Image générique: avec du matériel de laboratoire flou en arrière-plan.

Des scientifiques du laboratoire Dynafor à Toulouse ont créé des bases de données moléculaires et naturalistes, basées sur plus de dix ans de collecte, pour protéger les abeilles sauvages de France, dont le déclin menace la sécurité alimentaire.

La France compte près de 1 000 espèces d’abeilles sauvages, indispensables à la pollinisation des cultures et des plantes sauvages. Leur déclin alarmant pose un risque pour la sécurité alimentaire. Des chercheurs du laboratoire Dynafor (INRAE Occitanie-Toulouse) ont développé des outils précieux pour suivre leur évolution, comprendre leur diversité et renforcer leur protection.
Depuis 2010, plus de 24 000 spécimens d’abeilles sauvages ont été collectés dans la Zone Atelier Pyrénées-Garonne (PYGAR). Ces données ont permis de constituer des bases de données moléculaires de référence, incluant une base régionale avec 530 individus représentant 171 espèces et une base nationale atteignant 94 % des 982 espèces françaises grâce à une collaboration avec 16 partenaires du réseau RT Pollineco.
Les analyses ADN (barcoding moléculaire) combinées aux inventaires naturalistes permettent une identification précise des espèces. Ces données, partagées en open science, alimentent des projets de suivi non létal de la biodiversité, comme l'analyse de l'ADN environnemental prélevé sur des fleurs (metabarcoding).
« Ces bases de données sont une première étape cruciale pour déployer des méthodes innovantes de suivi des pollinisateurs, sans avoir à capturer ou tuer les insectes. Elles nous permettent aussi d’affiner les listes rouges des espèces menacées et de mieux comprendre leurs interactions avec les plantes. » explique Magalie Pichon, chercheuse à INRAE et co-autrice des travaux.
Le déclin des pollinisateurs, lié aux activités humaines, est un enjeu mondial. Ces travaux répondent à deux défis majeurs : améliorer la conservation via des listes rouges actualisées et développer des outils modernes comme le barcoding ADN et le métabarcoding pour un suivi à grande échelle. Ces avancées ouvrent la voie à des méthodes innovantes de suivi non létal par l’analyse ADN environnemental.
Ces méthodes pourraient être intégrées à des programmes de suivi et de conservation, comme le Plan national en faveur des insectes pollinisateurs ou le dispositif européen EUPoMS. L'objectif à terme est de généraliser ces méthodes pour un suivi en temps réel de la biodiversité, essentiel pour adapter les politiques de protection.
Information rédigée à partir de la source officielle : INRAE Occitanie-Toulouse (19/10/2026)