Pyrénées-Orientales : l'agriculture, un atout clé pour la prévention des incendies

La Préfecture expérimente des « ceintures de protection » autour des villages, valorisant le rôle des terres agricoles et pastorales.

Image générique de vignes mûres dans un paysage méditerranéen.
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Image générique de vignes mûres dans un paysage méditerranéen.

Face aux risques d'incendie accrus dans les Pyrénées-Orientales, la Préfecture expérimente des « ceintures de protection » autour des villages, intégrant le maintien des activités agricoles et pastorales comme un élément essentiel de prévention.

Les récents incendies dans les Pyrénées-Orientales, notamment celui de Trévillach à l'été 2026, soulignent l'importance de l'aménagement du territoire et du rôle de l'agriculture dans la prévention du risque incendie. La Préfecture des Pyrénées-Orientales a lancé le 29 juillet 2026 un appel à manifestation d’intérêt pour expérimenter des « ceintures de protection » contre les incendies de forêt et de végétation. Ce dispositif vise à organiser des espaces entretenus et à faible combustibilité autour des zones urbanisées, menacées par la déprise agricole, les sécheresses récurrentes et l'accumulation de végétation combustible.
Le principe repose sur plusieurs niveaux de protection : les obligations légales de débroussaillement, des aménagements comme un champ de vignes pour ralentir le feu, et des espaces où la végétation est maîtrisée par le sylvopastoralisme. L'objectif est triple : protéger les populations et les biens, maintenir les activités agricoles et pastorales, et soutenir les moyens de lutte contre l'incendie. Début septembre, 101 communes avaient manifesté leur intérêt, 46 étant identifiées pour l'aménagement d'une ceinture de protection.
Dans un département marqué par la déprise agricole, la conservation des terres agricoles, notamment viticoles, est jugée stratégique pour la prévention incendie. Il est essentiel de valoriser le rôle collectif de ces parcelles, parfois menacées par leur faible rendement ou leurs coûts d'exploitation élevés. La Préfecture envisage d'expérimenter des paiements pour services environnementaux afin de rémunérer les agriculteurs pour cet entretien territorial.
La Chambre d'agriculture, associée à cette expérimentation, travaille depuis plusieurs années sur la contribution de l'agriculture et du pastoralisme à la gestion du risque incendie. L'enjeu est de redonner à l'agriculture sa place dans l'aménagement et la protection du territoire, en reconnaissant économiquement le service territorial rendu par les exploitants. La conservation de vignes ou le maintien de troupeaux contribuent à l'ouverture des paysages et à la protection des villages.
La pertinence d'une activité agricole pour une ceinture de protection dépend des sols, de la topographie et des exploitations existantes. Un diagnostic territorial est nécessaire pour identifier la bonne activité au bon endroit. La viticulture et le pastoralisme apparaissent comme des activités clés, complétées par des diversifications agricoles si elles sont durables. Le maintien de ces activités nécessite qu'elles soient économiquement viables, ou soutenues par une rémunération du service rendu au territoire.
Information rédigée à partir de la source officielle : Chambre d'agriculture - Pyrénées-Orientales (28/10/2026)